L’essentiel
- 379 patients insuffisants cardiaques inclus dans un dispositif de télésurveillance, dans trois hôpitaux
- Une population âgée et représentative : 75,2 ans d’âge moyen, 61,5 % d’hommes
- Des entretiens semi-structurés menés auprès d’un cardiologue et de deux infirmières de soins ambulatoires
- Une acceptabilité globalement positive, mais quatre freins organisationnels clairement identifiés
- La condition la plus souvent citée : des infirmières dédiées et formées à la télésurveillance
Une étude descriptive dans trois hôpitaux, auprès de 379 patients.
La plupart des publications sur la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque s’intéressent aux patients. Celle-ci change de point de vue : elle regarde ce que le déploiement fait aux équipes.
Menée entre le 31 octobre 2022 et le 11 avril 2023 dans trois établissements, cette étude descriptive a suivi 379 patients insuffisants cardiaques intégrés à un dispositif de télésurveillance, articulé au parcours de soins hospitalier.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Patients inclus | 379 |
| Établissements | 3 |
| Âge moyen | 75,2 ans |
| Hommes | 61,5 % |
| Période de recueil | 31 octobre 2022 – 11 avril 2023 |
L’âge moyen de 75,2 ans mérite d’être relevé : c’est la population réelle de l’insuffisance cardiaque, pas une cohorte sélectionnée sur son aisance numérique.
Le point de vue des professionnels de santé.
Pour saisir les enjeux humains et organisationnels, des entretiens semi-structurés ont été conduits auprès de professionnels directement impliqués dans le suivi : un cardiologue et deux infirmières de soins ambulatoires. Les échanges portaient sur l’usage quotidien de la télésurveillance, ses bénéfices perçus et les difficultés rencontrées à la mise en œuvre.
« La télésurveillance a été globalement bien acceptée par les professionnels de santé, qui la perçoivent comme un outil pertinent pour le suivi des patients insuffisants cardiaques en conditions réelles. » — Benchimol et al., Hospital Topics, 2025
Une acceptabilité réelle, des freins organisationnels concrets.
L’intérêt de cette publication tient à sa franchise sur les obstacles. Quatre freins structurels ressortent des entretiens.
| Frein identifié | Ce qu’il recouvre |
|---|---|
| Ressources humaines limitées | Un contexte hospitalier déjà contraint, dans lequel le suivi des alertes doit trouver sa place |
| Gestion des alertes | Un flux parfois complexe à concilier avec les organisations existantes |
| Transition depuis les modèles traditionnels | Une évolution des pratiques de suivi, qui ne va pas de soi |
| Réticences initiales de certaines directions | Liées aux changements organisationnels induits par le dispositif |
Aucun de ces freins ne porte sur la technologie. Tous portent sur l’organisation. C’est un enseignement utile pour un établissement qui prépare un déploiement : le point dur n’est pas l’outil, c’est le temps soignant et la manière dont les alertes s’insèrent dans une journée de travail.
Le point critique : des infirmières dédiées et formées.
« Le principal défi identifié concerne les ressources humaines, avec la nécessité de former et de mobiliser des infirmières dédiées à la télésurveillance afin de gérer durablement l’augmentation du nombre de patients suivis. » — Benchimol et al., Hospital Topics, 2025
C’est la condition la plus souvent citée. Recruter et former des infirmières spécialisées en télésurveillance conditionne la qualité, la sécurité et la pérennité du suivi à distance, en particulier dans le contexte post-COVID où les tensions en personnel se sont accentuées.
Autrement dit : la télésurveillance est bien acceptée lorsqu’elle est structurée et intégrée au parcours de soins. Déployée sans ressource dédiée, elle devient une charge de plus.
Ce que cette étude ne dit pas.
- C’est une étude descriptive, sans groupe comparateur : elle décrit la mise en œuvre d’un dispositif de télésurveillance médicale, elle n’évalue pas son efficacité clinique.
- Le volet qualitatif repose sur trois entretiens, un cardiologue et deux infirmières. C’est peu pour généraliser à l’ensemble des organisations hospitalières françaises.
- Aucun critère clinique n’est rapporté : ni mortalité, ni réhospitalisation. Ces questions relèvent des études de cohorte comme TELESAT-HF.
- Le recueil est antérieur à l’entrée de la télésurveillance dans le droit commun (1er juillet 2023). Certains freins décrits, notamment sur le financement des ressources dédiées, s’apprécient dans ce contexte.
Questions fréquentes.
Comment déployer la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque à l’hôpital ?
Les professionnels interrogés dans cette étude convergent sur un point : la télésurveillance médicale est bien acceptée lorsqu’elle est structurée et intégrée au parcours de soins, avec des infirmières dédiées et formées au suivi à distance. Sans ressource humaine identifiée, elle s’ajoute à la charge existante.
Quels sont les principaux freins au déploiement de la télésurveillance ?
Quatre freins ressortent : des ressources humaines limitées, une gestion des alertes parfois complexe à concilier avec les organisations en place, la transition depuis les modèles de suivi traditionnels, et des réticences initiales de certaines directions hospitalières face aux changements organisationnels.
Faut-il une infirmière dédiée à la télésurveillance ?
C’est la condition la plus souvent citée par les professionnels. Recruter et former des infirmières spécialisées conditionne la qualité, la sécurité et la pérennité du télésuivi lorsque le nombre de patients augmente.
Les soignants acceptent-ils bien la télésurveillance ?
Oui, globalement. Les professionnels interrogés la décrivent comme un outil pertinent pour le suivi des patients atteints d’insuffisance cardiaque chronique en conditions réelles. Les difficultés rapportées portent sur l’organisation, non sur l’outil lui-même.
Quel est le profil des patients télésurveillés en établissement ?
Dans cette étude, 379 patients d’un âge moyen de 75,2 ans, dont 61,5 % d’hommes : une population âgée, représentative de l’insuffisance cardiaque chronique prise en charge à l’hôpital, et non une cohorte sélectionnée sur son aisance numérique.
En savoir plus.
Benchimol H. et al. Retours d’expérience sur la mise en œuvre d’un dispositif multisite de télésurveillance de l’insuffisance cardiaque. Hospital Topics, 2025.
À lire également sur le blog :
- Télésurveillance de l’insuffisance cardiaque : 80,3 % de patients satisfaits dans le droit commun
- La première enquête de satisfaction Satelia® Cardio, menée pendant le programme ETAPES
- TELESAT PRIOR-HF : -46 % de mortalité chez les patients récemment hospitalisés
- Appel d’offres télésurveillance insuffisance cardiaque : les critères clés
- Découvrir Satelia® Cardio

