Enquête sur le développement de la télésurveillance en France

Un ensemble de solutions pour un accès élargi

Un nouvel article intitulé « Barriers and Solutions for Deploying, Expanding and Sustaining Remote Patient Monitoring for Managing Patients with Heart Failure: Qualitative questionnaire-based study in France » vient de paraître. Il offre un aperçu des stratégies possibles pour soutenir le développement de la télésurveillance en France.

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L’essentiel

  • Une étude qualitative menée en France entre juin et septembre 2022, auprès de cardiologues de 71 centres (70,5 % en hôpital public, 29,5 % en pratique privée)
  • Trois freins principaux au déploiement : manque de ressources, complexité de certaines solutions, incertitudes sur le cadre légal et réglementaire
  • Deux conditions mises en avant : une solution simple d’utilisation pour les patients comme pour les professionnels, et un algorithme de détection fiable
  • La télésurveillance de l’insuffisance cardiaque est recommandée par l’ESC depuis 2021 et remboursée en France depuis le 1er juillet 2023

Recommandée depuis 2021, la télésurveillance n’a pas atteint son plein potentiel.

La télésurveillance médicale de l’insuffisance cardiaque chronique est recommandée par la Société européenne de cardiologie depuis 2021. Elle est entrée dans le droit commun en France le 1er juillet 2023, avec une prise en charge par l’Assurance maladie.

Pourtant, de nombreux patients éligibles n’en bénéficient toujours pas. Pourquoi ? C’est la question posée à des cardiologues de terrain dans l’étude Barriers and Solutions for Deploying, Expanding and Sustaining Remote Patient Monitoring for Managing Patients with Heart Failure: a qualitative study in France, signée Manel El Blidi-Rahmani, Marc Villaceque, Philippe Maribas, Franck Albert, Walid Amara et Patrick Jourdain.

 

Une étude qualitative auprès de cardiologues de 71 centres.

L’enquête, conduite par questionnaire entre juin et septembre 2022, analyse les défis spécifiques du suivi à distance des patients insuffisants cardiaques.

Caractéristique Valeur
Centres de cardiologie représentés 71
Exercice en hôpital public 70,5 %
Exercice en pratique privée 29,5 %
Période de recueil Juin – septembre 2022
Composition de l’échantillon. Source : El Blidi-Rahmani M. et al., étude qualitative menée en France.

Caractéristiques des participants à l’enquête.

 

Trois freins, deux conditions.

L’intérêt de cette étude est qu’elle ne s’arrête pas au constat : les auteurs associent à chaque obstacle une piste de réponse.

Frein identifié Ce qu’il recouvre
Manque de ressources Absence de temps soignant identifié pour porter le déploiement du dispositif
Complexité de certaines solutions Outils difficiles à prendre en main, pour les patients comme pour les équipes
Cadre légal et réglementaire Questionnements sur les responsabilités, les modalités et le financement
Freins au développement de la télésurveillance rapportés par les cardiologues interrogés.

Les conditions mises en avant pour lever ces freins sont au nombre de deux : une solution simple d’utilisation, côté patient comme côté professionnel, et un algorithme de détection fiable et robuste. Ce second point rejoint directement les travaux sur la valeur prédictive négative de l’algorithme : la fiabilité de l’absence d’alerte conditionne la charge de travail d’une équipe.

Quant au manque de ressources, il est le premier frein également identifié, deux ans plus tard, dans les retours de terrain en établissement multisite.

 

Ce que cette étude ne dit pas.

  • C’est une étude qualitative par questionnaire, auprès de cardiologues volontaires. Elle décrit des perceptions professionnelles, pas une mesure de déploiement.
  • Elle ne quantifie pas la part de patients éligibles non télésurveillés.
  • Le recueil est antérieur à l’entrée dans le droit commun (juin-septembre 2022). Certains freins réglementaires décrits ont depuis évolué avec l’arrêté du 22 juin 2023.

 

Questions fréquentes.

Pourquoi la télésurveillance de l’insuffisance cardiaque reste-t-elle sous-déployée en France ?

Les cardiologues interrogés citent trois freins : le manque de ressources humaines pour porter le déploiement, la complexité de certaines solutions, et des incertitudes sur le cadre légal et réglementaire.

Qu’est-ce qui facilite le déploiement de la télésurveillance ?

Deux conditions ressortent : une solution simple d’utilisation pour les patients comme pour les professionnels, et un algorithme de détection fiable et robuste.

La télésurveillance de l’insuffisance cardiaque est-elle recommandée ?

Oui. Elle figure dans les recommandations de la Société européenne de cardiologie depuis 2021 (McDonagh T.A. et al., 2021 ESC Guidelines for the diagnosis and treatment of acute and chronic heart failure, Eur Heart J 2021;42(36):3599-3726).

Depuis quand la télésurveillance est-elle remboursée en France ?

Depuis le 1er juillet 2023, date de son inscription au remboursement de droit commun, après la fin du programme expérimental ETAPES.

 

En savoir plus.

El Blidi-Rahmani M, Villaceque M, Maribas P, Albert F, Amara W, Jourdain P. Barriers and Solutions for Deploying, Expanding and Sustaining Remote Patient Monitoring for Managing Patients with Heart Failure: a qualitative study in France.

Cliquer ici pour consulter l’étude

Référence : McDonagh T.A. et al. 2021 ESC Guidelines for the diagnosis and treatment of acute and chronic heart failure. Eur Heart J. 2021;42(36):3599-3726.

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